Nos Actions

Nos Actions

AXE I : CONSOLIDATION INSTITUTIONNELLE

La stabilité dans le temps et l’espace du CGAT et des mutuelles qu’il accompagne passe nécessairement par une bonne organisation de ses organes de gestion. Pour cela, il faudra songer à une représentativité équilibrée dans les organes et un management efficace de ses équipes. Il faudra dès lors penser à avoir des équipes complètes et compétentes, à faire reconnaitre les mutuelles de santé en leur dotant des outils nécessaires pour leur fonctionnement (en rapport avec l’Etat et la gestion quotidienne des mutuelles), tout en collaborant avec des partenaires internes et externes au pays pour l’émergence du mouvement mutualiste.

Du CGAT : ACTIONS PRIORITAIRES

  1. Réorganiser les équipes provinciales de CGAT

Nous prévoyons de supprimer le poste d’encodeur au niveau provincial et de transférer ses tâches pour la plus grande partie aux gestionnaires des mutuelles et pour le reste au CGAT National.

  1. Réorganiser la base de données et en garantir la qualité et l’utilisation pour une gestion intégrée des membres, des taux de sinistralité, des prestations et des coûts de soins.

Les gestionnaires des mutuelles doivent fournir les données aux Coordonnateurs provinciaux  qui en contrôlent la qualité, les valident et les envoient au gestionnaire des bases des données  au niveau national.

L’augmentation souhaitée du nombre de membres renforce encore un peu plus la nécessité de disposer de ces outils (logiciel, base des données, …). Il faudra aussi trouver une solution adéquate à la gestion de la production de cartes de membres, en veillant à mettre en place des modalités qui garantissent le respect des règles et évitent la fraude, et qui soient compatibles avec la masse de travail requis. Le développement de ces outils doit se faire en synergie avec les autres opérateurs et les prestataires des soins.

  1. Elargir l’équipe du CGAT National

Nous prévoyons d’ajouter  un médecin conseil. Le rôle du Médecin-conseil est stratégique pour le suivi du risque et la qualité des services de soins. L’augmentation visée du nombre de membres mutualistes rend impératif le recrutement et la formation de nombreux nouveaux médecins-conseils. Ils devront être sérieusement encadrés par le niveau national.

Dans la perspective d’institutionnaliser le programme de formation, il faudra, en outre, recruter un agent chargé des formations.

ACTIONS SECONDAIRES

  1. Garantir le management des équipes du CGAT tant au niveau national qu’au niveau provincial

S’il manque  des personnes dans les équipes, il n’en demeure pas moins que nous pourrions être plus performants, si nous mettions en place un management de qualité, axé sur les performances tant internes qu’externes. La mise en place, et l’utilisation réelle et durable, de quelques outils de management, sur la gestion du temps, une meilleure gestion des compétences, des dispositifs pertinents aidant à de  meilleures communications, coordinations et concertations, et enfin un outil aidant à une mise en œuvre permanente de la stratégie permettraient à coup sûr d’améliorer notre productivité et nos résultats. En complément de cette proposition de garantir le management des équipes, nous voudrions souligner l’importance à accorder à tout le processus de recrutement, en ayant en tête qu’à compétence égale, la candidature féminine sera favorisée.

  1. Réviser la composition des organes de gestion de CGAT

Il s’agit de repenser la composition et le fonctionnement des organes dirigeants (CA ; AG, Comité de contrôle) afin de les adapter aux évolutions des dernières années.

Le CA n’a qu’un représentant par antenne, si ce dernier est empêché, nous constatons que le nombre est réduit. Pour rencontrer ces difficultés, nous proposons que chaque province propose à l’élection au CA national un candidat effectif et un candidat suppléant. Le candidat suppléant sera amené à devenir effectif soit si le candidat effectif devient Président soit si le candidat effectif est démissionnaire en cours de mandat. Au cas où les deux sont empêchés on désignera un des membres du Comité de Gestion disponible. Le Président est aussi représentant de son antenne, et comme il doit jouer un rôle modérateur et se placer « au- dessus de la mêlée ». Il est donc difficile pour lui de bien défendre son antenne. Par conséquent, il faut que la province d’où sort le PCA ait un membre additionnel.

En ce qui concerne la présidence du Comité de Gestion de CGAT provincial, certaines provinces sont représentées par des associations qui ne sont même plus en lien avec CGAT, ou qui ont abandonné l’adhésion de leur personnel aux mutuelles de CGAT. Outre le Président qui doit être membre d’une Mutuelle, l’idéal est de proposer que les deux tiers des membres des organes soient membres des Mutuelles et que l’effectif des observateurs ne puisse pas en dépasser le tiers. L’aspect genre doit être pris en compte.

L’AG du CGAT National est constituée d’associations. D’autres partenaires stratégiques mériteraient d’être intégrés. Par ailleurs, faute de moyens, l’AG ne se réunit pas. Il faudrait rendre possible et impératif une AG tous les 2 ou 3 ans. Une AG se tiendra à la dernière année du mandat du CA à laquelle sera présenté le rapport du Comité de Contrôle.

Le Comité de contrôle, installé, ne s’est jamais réuni. Il faudrait revoir son rôle, sa composition et son fonctionnement. Il sied donc d’insister sur la nécessité d’élaborer la liste des membres de la nouvelle composition de l’AG

Des Mutuelles de santé : ACTIONS PRIORITAIRES

  1. Garantir la gouvernance des mutuelles de santé

Il s’agit d’arriver à une effectivité de la responsabilité des CA et comités de contrôle. Tout ne peut pas se jouer au niveau de CGAT. Au contraire, nous devons viser une appropriation progressive de plus en plus forte des mutuelles par les membres eux-mêmes. Cela passe nécessairement par les membres des CA, comités de contrôle, qui doivent être formés afin de pouvoir jouer leur rôle pleinement.

  1. Développer des alliances entre le CGAT et les mutualités belges

Si chacune de nos antennes pouvaient nouer un lien de partenariat, ce serait un plus pour elles. A  ce jour nous avons deux mutualités qui travaillent avec le CGAT et ses mutuelles. : Namur et St Michel. Les Mutualités Régionales Belges peuvent avoir un rôle particulier et un apport spécifique dans le partenariat, notamment pour le développement de l’aspect mouvement des mutuelles, mais aussi pour la promotion de la santé ainsi que pour le travail en réseau avec les prestataires des soins de santé (hôpitaux, pharmacies,…).

  1. Agréer les mutuelles de santé

Faciliter la reconnaissance des mutuelles de santé accompagnées par le CGAT auprès  du ministère de tutelle par une assistance juridique du CGAT pour valider les différents documents de l’agrément d’une mutuelle de santé (Statuts et ROI  d’une mutuelle de santé)

ACTION SECONDAIRE

  1. Mettre en place des fédérations provinciales des mutuelles de santé

Il est question de préparer l’émergence des Fédérations provinciales. La mise en place des Fédérations est inscrite dans la Loi. Mais surtout, au-delà de cet élément légal, c’est un impératif pour que les mutuelles puissent réellement jouer leur rôle de « syndicat des malades », constituer une force capable de négocier, d’établir un certain rapport de force, mais aussi d’atteindre une taille qui permettra la couverture de nouveaux besoins, qu’une mutuelle isolée est incapable de couvrir vu sa surface financière. L’émergence de ces Fédérations pourrait commencer par l’organisation d’une réunion annuelle des CA de toutes les mutuelles d’une Province.

La mise en réseau ne concernera pas seulement les mutuelles de santé accompagnées par le CGAT mais aussi d’autres mutuelles. Le CGAT veillera à faire une évaluation au cas par cas avant d’inclure dans la fédération une quelconque mutuelle de santé qu’il n’avait pas jamais accompagnée.

AXE II : FORMER LES ACTEURS

Pour le CGAT, la formation constitue un élément fondamental  pour consolider, pérenniser et progresser, et mérite de constituer un axe à elle seule. En effet, si les ressources matérielles sont indispensables, le facteur humain est le plus stratégique. Disposer de cadres et d’agents conscients, adhérents aux valeurs, compétents et performants professionnellement est la première condition de réussite durable. A maints égards, les actions proposées dans cet axe pourraient s’inscrire dans l’axe consolidation. Cependant, l’importance de  l’enjeu nous conduit à en faire un axe stratégique à part entière.

Il nous parait important de dédicacer une personne qui doit porter cet axe. Elle ne travaillera pas seule mais elle assurera que les activités planifiées dans cet axe se réalisent en comptant évidemment sur l’apport des autres membres de l’équipe de CGAT National. Cette personne sera également responsable de la gestion des connaissances.

Nous distinguons dans cet axe trois publics-cibles :
(i) le personnel du CGAT ;
(ii) les cadres des mutuelles de santé et
(iii) les externes et les partenaires.

Certaines actions proposées sont spécifiques à certains publics, d’autres sont transversales.

ACTIONS PRIORITAIRES

Transversales :

  1. Mettre en place une « école de cadres mutualistes ».

Il s’agira d’un programme de formation institutionnalisé, porté par quelqu’un  et qui nous donne les moyens de former tant les cadres des structures d’accompagnement, les futurs cadres de fédérations provinciales de mutuelles de santé que les responsables des mutuelles de base.

Construire un grand mouvement mutualiste requiert un grand nombre de cadres bien formés. Si les ressources  matérielles sont importantes, le facteur humain est et sera décisif (« les cadres décident de tout… »). Nous ne pourrons plus nous contenter d’organiser nos formations de façon empirique, sur le tas, au gré d’une session ou l’autre. Penser et monter une véritable « ECOLE  DE CADRES » sera stratégique à moyen terme. Il faut pour cela penser les contenus, la pédagogie, les méthodologies, le montage institutionnel (avec quelle institution s’allier au besoin ?)…Tout cela prendra du temps. C’est pourquoi il est urgent de faire les premiers pas…

Au cours d’un mandat, chaque membre des organes participera à une formation technique au cours de laquelle les aspects sur l’induction à l’organisation du CGAT, sur l’adhésion aux valeurs,… seront appris.

  1. Finaliser les manuels de formation du CGAT.

Nous disposons déjà de nombreux modules de formation, pour les gestionnaires, les animateurs, les médecins-conseils, les administrateurs de mutuelles…Les améliorer, les finaliser et en faire une publication nous permettra d’accroître notre crédibilité, de nous faire connaître, et de promouvoir nos dispositifs à plus large échelle. Un élément nous a parfois freinés pour cela : la crainte d’être « piratés », et utilisés à mauvais escient. On peut contourner cet obstacle (en bonne partie) si on publie via un éditeur reconnu, avec des droits d’auteurs protégés.

Il reste encore un grand travail pour :

  • Revisiter les modules de formation : ils sont souvent en simple forme de power point. Une réécriture pour un manuel s’impose.
  • Valider les modules de formation : certains modules ont été expérimentés dans des formations, sans que le contenu n’ait été formellement validé, ni par le CA, ni même par l’équipe Nationale de CGAT.
  • Les publier.
  • Après la finalisation des manuels de formation, veiller à les mettre systématiquement à jour.

Les manuels de formation finalisés devront être mis à disposition de tous les acteurs du CGAT et des mutuelles qui bénéficient des formations  à partir d’un lieu identifiable et accessible.

Au niveau du personnel de CGAT et des Mutuelles de santé accompagnées par CGAT :

  1. Développer les connaissances théoriques et pratiques, les capacités pédagogiques (animateurs), ainsi qu’un processus de formation au management (coordonnateurs) de chaque équipe de CGAT.

Les stratégies de sensibilisation sont insuffisantes et ne donnent pas les résultats escomptés. Il faut les revoir et surtout former nos animateurs.

  1. Organiser une formation de base pour tout acteur du CGAT et des Mutuelles de santé.

Tout acteur du CGAT doit suivre une formation de base durant sa première année de travail (connaissance de l’institution, valeurs…) ; cela n’est possible que s’il y a une personne qui impulse l’action et garantit le processus, d’où nécessité de moyens.

  1. Systématiser et renforcer le réseau de personnes exerçant le même métier au niveau des équipes CGAT (par internet, vidéo-conférence,…)et des mutuelles de santé.

La bonne pratique du management et la bonne utilisation des outils requièrent une formation continue. La difficulté est de la mettre en place et d’en assurer le suivi, vu les distances et la faiblesse des moyens. Le CGAT a eu l’opportunité de réunir un grand nombre de ses cadres en novembre 2015 en organisant une formation d’envergure nationale, au cours de laquelle des séances de travail entre les personnes exerçant le même métier ont été réalisées. Cela a été une occasion de partage d’expériences et d’apprentissage mutuel. C’est pourquoi il faut réitérer l’expérience et si tout le monde ne peut pas être réuni, faute de moyens, trouver des alternatives comme par exemple les vidéo-conférences.

Au niveau de l’externe et des partenaires :

  1. Former des noyaux de formateurs par type des mutuelles accompagnées par le CGAT (sensibilisation, éducation permanente et promotion de la santé).

Ce point est à mettre en relation avec l’axe suivant (innovations dans les stratégies de mobilisation sociale). Notre option est de travailler prioritairement avec des organisations/institutions solides, qui souhaitent elles-mêmes développer leurs mutuelles de santé. Le CGAT ne sera dans ce cas de figure plus en lien direct avec les mutuelles, mais s’attachera à constituer et former des équipes, au sein  de ces organisations/institutions, qui assureront le suivi direct sur terrain. Cela rend impératif la formation solide de noyaux d’animateurs fiables

  1. Développer des formations sur le fonctionnement des mutuelles pour le personnel des structures de santanitaires

Si les directions des formations sanitaires décident d’entrer en partenariat avec les Mutuelles, il est important de leur faire comprendre les valeurs, la philosophie et les logiques d’un système mutualiste, en faisant notamment comprendre que si cela marche, c’est du « gagnant-gagnant » pour tout le monde. Sans cela, ils nous considèrent souvent comme une « vache à lait ». Par ailleurs, nous rencontrons des situations où la Direction signe la convention, la gère de façon relativement confidentielle. Le personnel des hôpitaux et centres de santé, mal informé et/ou ne comprenant pas la mutuelle, peut avoir tendance à mal recevoir et déconsidérer les patients mutualistes. A l’inverse, s’ils sont conscientisés, ils peuvent devenir des agents de sensibilisation des malades. L’ensemble du personnel dans sa diversité est un public essentiel à sensibiliser. Il peut en effet influencer  de manière positive ou négative la perception que les malades auront de la Mutuelle de Santé.

  1. Valoriser et « vendre » les  formations de CGAT  à d’autres opérateurs (structurer l’organisation de stages de formation)

Régulièrement, des acteurs qui souhaitent initier des mutuelles ou qui sont déjà engagés dans les  mutuelles,  désirent  connaitre le fonctionnement d’une mutuelle. Au lieu de les aider de manière empirique, nous croyons utile de mieux organiser, planifier une formation, annoncée à l’avance, et faire connaître l’organisation de nos stages.

La rentabilité attendue est plus synergique que financière. Nous gardons à l’esprit que les indicateurs suivants nous permettront d’évaluer la performance de cette activité : nombre de structures demandeuses, nombre de sessions organisées, ainsi que le fruit des échanges sur les pratiques.

Le CGAT ne s’arrêtera pas seulement à former mais aussi à assurer le suivi des acquis des formations.

AXE III : INOVATIONS DANS LA STRATEGIE DE MOBILISATION SOCIALE

La sensibilisation est au cœur de la construction de tout mouvement social. La manière de l’aborder est capitale pour arriver aux résultats escomptés. Aujourd’hui nos sensibilisations sont axées sur le vente de service Il faut développer une approche qui vise l’adhésion, la conscientisation, la participation à un mouvement social. Même si l‘objectif final est d’avoir les soins de santé de qualité pour tous, mais le choix actuel est de passer par les organisations, les Eglises, compte tenu du contexte du pays. Les sensibilisations faibles et inadéquates ne donnent pas les résultats espérés.

ACTIONS PRIORITAIRES

  1. Travailler prioritairement avec des grandes organisations intermédiaires (Eglises, Organisations paysannes, corporations professionnelles,…) qui seront interlocuteurs directs de CGAT

La démarche à suivre pour cette activité comprendra les étapes suivantes reprises en ordre chronologique :

  • Identifier les organisations
  • Evaluer leurs capacités mobilisatrices
  • Etablir des conventions de partenariat entre CGAT et ces organisations/institutions,
  • Former des équipes de sensibilisation de ces organisations 2017-2021
  • Faire le suivi et évaluation 2019-2021
  1. Mettre au point et activer une pédagogie de sensibilisation/conscientisation participative et mobilisatrice.

Nos sensibilisations sont faibles, inadéquates, et ne donnent pas les résultats espérés. Si de nombreux facteurs expliquent la relative faiblesse des adhésions, cette question de sensibilisation en constitue un à prendre en compte. Nous restons trop dans une logique de communication/marketing, et pas assez dans une vision de conscientisation véritable et d’appropriation par les acteurs de terrains, et les adhérents. Cela entraîne entre autres une mentalité de (sur)consommateurs, qui réagissent comme des gens ayant acheté un service, mais qui ne font pas réellement de la Mutuelle de santé leur affaire. Plus largement d’ailleurs, la question de la conscience est primordiale pour tout celui qui veut vraiment travailler à la transformation des sociétés. Certaines pédagogies existent, et ont prouvé leur efficacité dans la construction de Mouvements et d’organisations sociales puissantes. La pédagogie proposée par Msg Cardijn, fondateur de la JOC, en est une. Celle du Brésilien Paulo Freire, qui s’en inspire et la pousse encore plus loin, en est une autre. CGAT souhaite y réfléchir et y puiser des idées pratiques, méthodes et surtout expérimenter ces pédagogies populaires.

D’une part, il s’avère important de recourir aux formateurs spécialisés pour renforcer les capacités des sensibilisateurs et d’autre part il est important que les membres s’approprient la mutuelle.  Il faut donc plus de temps des moyens et de compétences différentes.

ACTION SECONDAIRE

  1. Repenser les canaux et dispositifs de communication vers des publics cibles.

Nos moyens réduits nous obligent à plus d’efficience. Plutôt que de consacrer des moyens à des campagnes de communication tous publics, nous voulons mieux cibler. Pour cela il faut bien identifier nos cibles et  les canaux de communication (affiches au niveau des formations sanitaires, témoignages vivants des personnes qui ont bénéficié des avantages des mutuelles de santé, etc.) Au besoin il faut élaborer le module de sensibilisation et en produire des supports convaincants.

AXE IV : RENFORCER LE PARTENARIAT AVEC LES PRESTATAIRES DE SOINS

Les mutuelles de santé n’ont de pertinence que si elles peuvent s’appuyer sur une offre de santé de qualité abordable. Le renforcement et l’amélioration de l’offre constituent dès lors pour le CGAT un enjeu stratégique important. Les mutuelles de santé elles-mêmes  avec l’aide du CGAT, par leur action de contrôle, de conseil, et la « pression » qu’elles peuvent exercer sur les prestataires,  constituent un vecteur de régulation et d’amélioration de l’offre de soins, et ce, non seulement pour leurs adhérents, mais avec des effets qui peuvent s’étendre à tous les malades.

ACTIONS PRIORITAIRES

  1. Accompagner des « hôpitaux mutualistes, centres d’excellence mutualistes » dans le processus de mise en place d’un partenariat avec des hôpitaux belges, via la médiation des Mutualités chrétiennes belges et le CGAT.

En se constituant en une plaque tournante, « passage obligé » entre hôpitaux congolais et hôpitaux belges, le CGAT veut que ce partenariat spécifique, dont l’objectif est l’amélioration de l’offre de soins, se réalise de façon à consolider le système d’assurance sociale  que nous voulons. La capacité pour le CGAT d’amener aux hôpitaux congolais des partenaires hospitaliers belges, solides, engagés et performants, est de nature à crédibiliser et renforcer l’influence du CGAT dans les négociations futures. Ce partenariat entre les hôpitaux mutualistes congolais et les hôpitaux belges portera sur plusieurs volets visant à renforcer une offre des soins de santé de qualité à moindre coût : des échanges d’expériences, des formations pratiques, d’appui logistique, renforcement du plateau technique en facilitant les achats groupés des spécialités.

  1. Organiser des rencontres avec les formations sanitaires partenaires.

Il est en effet important d’avoir une approche non conflictuelle, mais de partenaires. La concertation est le maître-mot. La régulation de l’Etat étant largement défaillante, ces concertations directes entre bénéficiaires, (via les mutuelles) et prestataires est incontournable. L’objet de ces concertations est de travailler sur deux axes : (i) l’analyse des plaintes recueillies par les mutuelles à propos de la qualité des soins  et (ii) les problèmes rencontrés par les formations sanitaires dans leur collaboration avec les mutuelles.  Les CA des mutuelles peuvent y participer le cas échéant.

Ces concertations seront pilotées par les coordonnateurs provinciaux du CGAT.

En raison du contexte géographique, chaque antenne de CGAT formalise la mise en pratique des méthodes et des fréquences de ces réunions avec les formations sanitaires. La fréquence souhaitée est d’une fois le semestre.

ACTION SECONDAIRE

  1. Développer des outils de transactions entre Mutuelles et formations sanitaires (factures, rapportages, rapports de suivi…).

Un bon suivi du risque nécessite de disposer d’outils (logiciels, base de données…) informatiques, qui permettent de gérer au plus près, de manière fine, et en intégrant les différentes données du travail mutualiste : gestion des adhérents (cotisations, respect des normes, dépenses par pathologies, par familles ou corporations, suivi des taux de sinistralité, détection rapide de certaines des fraudes, dépassement ou tout autre problème de nature à mettre la mutuelle en difficulté…

AXE V : CONTRIBUER A AMELIORER L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE, POLITIQUE ET LEGAL PROPICE AU DÉVELOPPEMENT DES MUTUELLES DE SANTE

En tenant compte de la dégradation continue du pouvoir d’achat de la population, il est important que le CGAT puisse compter sur les actions d’appui au développement visant essentiellement l’augmentation de revenu des ménages à travers notamment les activités agricoles et celles génératrices de revenu. Comme le CGAT ne dispose pas de compétences nécessaires à ce sujet, il s’appuiera à d’autres organisations qui travaillent dans la micro-finance.

En dépit de la promulgation de la loi sur les mutuelles de santé,  POMUCO doit faire face à des enjeux  non négligeables, notamment :

  • La publication des mesures d’application de la loi sur les mutuelles de santé,
  • La veille sur l’inscription des subventions des fédérations de mutuelles dans la loi budgétaire,
  • La veille sur la bonne exécution du budget, garantir la place des MS et du CGAT dans les stratégies de financement de la santé (collecte et achat des soins).

Le CGAT participe à ces enjeux au titre de membre de POMUCO. Vu son expérience, il en sera un des acteurs prépondérants. Dans les provinces où plusieurs promoteurs des mutuelles sont présents, le CGAT encouragera la synergie des actions de plaidoyer. Là où le CGAT est la seule composante présente de POMUCO, il lui reviendra d’assumer pleinement la mise en œuvre du programme de plaidoyer.

Le CGAT, via POMUCO le cas échéant, encouragera les synergies avec d’autres acteurs (société civile, par exemple) susceptibles de renforcer les moyens d’atteindre ses objectifs.

ACTIONS PRIORITAIRES

  1. Participer avec POMUCO à la finalisation des mesures d’application de la Loi sur les mutuelles de santé et à la vulgarisation de celle-ci

  2. Appuyer les ménages membres des mutuelles à améliorer leur revenu

ACTIONS SECONDAIRES

  1. Accompagner la mise en place du cadre de concertation provinciale (mutuelles, prestataires et régulateurs Ministères Santé et Prévoyance Sociale) et tout autre cadre susceptible d’améliorer l’accessibilité et la qualité des soins de santé

Participer avec POMUCO aux actions de plaidoyer

AXE VI : RENFORCEMENT DES CAPACITES FINANCIERES DU CGAT

Jusqu’à ce jour le CGAT appuie les mutuelles de santé en comptant sur le financement extérieur.  Cependant il faut reconnaître que beaucoup de pays occidentaux commencent à être austères vis-à-vis des fonds alloués à la coopération internationale. La démarche pour  l’autonomisation du CGAT va prendre certainement beaucoup de temps.

Il devra explorer deux sources essentielles :

  • Poursuivre la recherche des financements extérieurs aussi bien dans le pays qu’à l’extérieur de celui-ci.
  • Financement interne : pour cela il faut que les mutuelles soient solidement installées d’abord avant de mettre en place les mécanismes de régulation interne des frais de cotisation. Autrement dit il sera question de trouver des mécanismes pour préparer les membres à l’appropriation de leurs mutuelles afin de compter sur leurs propres forces. Trois enjeux s’avèrent ainsi nécessaires : (i) impliquer d’avantage les mutuelles dans le financement de leurs frais structurels en garantissant un taux sinistralité oscillant entre 75 et 85% ; (ii) développer des activités génératrices de revenus  à travers des organisations spécifiques de la société civile et (iii) minimiser des dépenses en organisant des services d’appui à l’offre des soins à condition que celles-ci ne puissent pas constituer une barrière financière de la population à ceux-ci (pharmacie, transport des malades, etc.)

ACTIONS PRIORITAIRES

  1. Permettre, grâce au suivi des risques, que les MUSA consacrent au moins 5% de leurs cotisations aux frais de fonctionnement.

Il est bien entendu que les mutuelles de santé ne peuvent se permettre de consacrer une partie de leurs fonds collectés des cotisations de leurs membres que dans la mesure où elles auront atteint un seul significatif des membres et que le taux de sinistralité ne dépasse pas 85 %.  La prise en charge par les mutuelles de leurs propres frais de fonctionnement permettra d’alléger la pression financière sur le CGAT.

  1. Facturer les frais de service du CGAT aux corporations

En effet la charge de gestion des sinistres des corporations devrait revenir à leur entreprise respective si leur personnel n’était pas mutualisé. Or dans ce cas présent cette charge est confiée au CGAT et de ce fait cette tâche devrait être rémunérée. Le CGAT a raison de demander soit un forfait à l’entreprise pour cette tâche soit de réviser légèrement à la hausse le coût unitaire de cotisation.

  1. Soutenir les mutuelles à maintenir le taux de sinistralité à tout au plus 85 %

Le CGAT devra faire un suivi méticuleux de risque et accompagner les mutuelles de santé. Le rôle des médecins conseils est très important dans cette activité.

  1. Mettre en place une cellule de réflexion et de prospection de financements nouveaux et alternatifs.

Le coordonnateur national de CGAT fera un appui important à cette cellule en comptant non pas seulement sur les membres de CGAT mais aussi à toute autre personne ressource, même si elle est externe de CGAT. L’idée est de pouvoir être au courant et profiter de plus d’opportunités de financement possibles.

ACTIONS SECONDAIRES

  1. Rechercher et développer les mécénats avec des entreprises locales, pour les MUSA via CGAT
  1. Revoir la structure budgétaire du CGAT en fonction des priorités stratégiques du moment et clôturer les budgets au début de chaque année.

Avoir un plan financier du CGAT au regard du présent plan stratégique implique un budget par an et par axe

  1. Développer quelques initiatives d’entreprise d’économie sociale génératrice de revenus : Elevage, vente de fruits-légumes, etc.
  1. Faire un appui à l’offre des soins : Pharmacie mutualiste, transport de malades,

Ces initiatives auraient pour objectif de générer  des moyens financiers d’abord pour permettre à la population de cotiser et ensuite  de dégager un bénéfice pour les frais de fonctionnement de mutuelles de santé et du CGAT. Le choix de l’activité à développer doit être bien pensé : il faut maintenir un équilibre financier en ce qui concerne les entreprises à promouvoir dans le secteur de santé (pharmacie et transport de malades) afin de pouvoir maintenir l’accessibilité financière des malades aux soins et chercher à faire des bénéfices assez raisonnables pour les autres activités génératrices des revenus (AGR).